Neuilly-sur-Seine et l’ouest parisien : la rénovation haut de gamme hors Paris intra-muros

La rénovation haut de gamme ne s’arrête pas au périphérique. Neuilly-sur-Seine, à la lisière du bois de Boulogne, concentre une part importante de la demande de rénovation de prestige en Île-de-France – mais rénover y obéit à un cadre différent de celui de Paris intra-muros, à commencer par le fait qu’il ne s’agit pas de la même commune.

Neuilly-sur-Seine, une commune à part entière

Contrairement à Passy ou Auteuil, qui ont été annexés par Paris en 1860, Neuilly-sur-Seine est restée une commune indépendante, aujourd’hui rattachée au département des Hauts-de-Seine. Elle dispose donc de son propre plan local d’urbanisme, de sa propre mairie instructrice pour les autorisations de travaux, et de ses propres règles de protection du patrimoine – distinctes de celles appliquées à Paris et de ses arrondissements. Une rénovation à Neuilly ne dépend ni de la Ville de Paris ni des services parisiens de l’urbanisme, mais des services de la mairie de Neuilly-sur-Seine et, le cas échéant, de la préfecture des Hauts-de-Seine.

Un bâti plus hétérogène qu’il n’y paraît

Neuilly-sur-Seine mêle plusieurs types de bâti. On y trouve des immeubles construits dans un style proche du haussmannien parisien, mais réalisés plus tardivement et selon des règles de gabarit propres à la commune, sans être soumis aux mêmes protections patrimoniales que leurs équivalents parisiens. La ville compte également de nombreux hôtels particuliers du tournant du XXe siècle – l’hôtel Arturo Lopez, construit en 1903, en est un exemple emblématique – ainsi que des voies privées bordées de maisons individuelles, un type de parcellaire beaucoup plus rare dans Paris intra-muros.

Cette diversité se traduit par des volumes de parcelle souvent plus généreux qu’à Paris, avec des jardins privatifs, des cours et parfois des dépendances – des configurations qui ouvrent des possibilités d’extension ou de réaménagement rarement disponibles dans un immeuble parisien classique.

Ce que cela change pour une rénovation

L’absence de secteur sauvegardé comparable à celui du Marais ou du Faubourg Saint-Germain ne signifie pas absence de contrainte. Certains bâtiments remarquables de Neuilly sont individuellement protégés au titre des monuments historiques, et toute parcelle voisine d’un édifice classé reste soumise à l’avis de l’Architecte des Bâtiments de France, comme partout en France. Le plan local d’urbanisme de la commune impose par ailleurs ses propres règles de hauteur, d’emprise au sol et d’aspect extérieur, qui peuvent différer sensiblement du règlement parisien pour un bâti d’apparence similaire.

Sur le plan pratique, les voies privées et les propriétés individuelles supposent une gestion différente de celle d’une copropriété parisienne : accord du syndic de la voie privée le cas échéant, coordination avec un nombre plus restreint de voisins directs, mais aussi des règles de stationnement de chantier et de nuisance sonore propres à la commune. Les maisons individuelles et hôtels particuliers permettent en revanche des interventions structurelles plus larges – extension, surélévation, création de sous-sol – qui restent souvent impossibles dans un appartement en copropriété parisienne.

Une logique partagée avec les autres communes de l’ouest parisien

Ce que l’on observe à Neuilly-sur-Seine se retrouve, à des degrés divers, dans les autres communes limitrophes de l’ouest parisien – Boulogne-Billancourt, Levallois-Perret, Saint-Cloud. Chacune dispose de son propre plan local d’urbanisme et de sa propre instruction des permis, avec un bâti qui mélange immeubles de standing, maisons individuelles et quelques éléments patrimoniaux protégés au cas par cas. Pour un même niveau d’exigence sur les matériaux et les finitions, le projet de rénovation doit donc être pensé dès le départ dans le cadre réglementaire propre à la commune, et non calqué sur les usages parisiens.